La pierre de Bussang 1896 son histoire

Un des plus anciens monuments Chasseurs et

le premier du 19ème B.C.P.

Entre 1875 et 1914, le 19ème B.C.P. reprend en métropole sa vie itinérante, connaissant six garnisons : Rennes, Vitré, Saint-Aubin, Cherbourg, Troyes et Verdun. Les deux dernières sont les plus célèbres pour le Bataillon, marquées par la forte personnalité du chef de bataillon  J-B. DUMAS qu’il dirige de 1896 à 1903.

Chef de Bataillon J-B DUMAS

« L’irréductible », tel pourrait-être son surnom : dès sa rentrée en fonction il fait adopter la célèbre devise « En avant toujours… Repos ailleurs ! » S’inspirant de Turenne (maréchal de France 1611-1675) il proclame haut et fort à ses chasseurs « Tant que notre patrie sera amputée de l’Alsace – Lorraine il ne faut pas qu’il y ait un homme de guerre au repos en France ». Le commandant, ajoutant le geste à la parole, installe son campement à proximité de la frontière sur un plateau de la Meuse.

Donc, en ce temps-là, le 19ème était en garnison à Troyes. Il appartenait à la division des Vosges, aussi venait-il tous les étés, passer dans son secteur un moins au moins avant les grandes manœuvres. En 1896, il arriva à Bussang dès la fin de juin. Quelques jours après son installation, son chef J-B. DUMAS donne l’ordre à ses Chasseurs de dressée et gravée deux blocs de granit ‘’la pierre de Bussang‘’.
la Pierre de Bussang
Le Commandant J-B. DUMAS, qui le commandait depuis le mois d’avril, le conduisait au sommet du Drumont, et là, à cheval sur la frontière face à l’Alsace, il nous parla.

« Il ne faut pas qu’il y ait un homme de guerre en repos en France… »

Le surlendemain un journal de Paris racontait la cérémonie. Mais déjà, les Boches la connaissaient et ils demandaient officiellement des explications au gouvernement Français. Naturellement, le commandant fut appelé d’urgence à Paris. Il dût se mettre en route le 12 juillet. Or, il avait préparé pour le 14 juillet une formation de revue, aussi ignorée du règlement qu’appelée à faire sensation, la pierre de Bussang avait été descendu pour la cérémonie. Les sections du Bataillon, formé en colonne de Bataillon, devaient, à un signal donné, se grouper de façon à dessiner sur le terrain les lettres « Vive la France ! »

Avant de partir, le Commandant DUMAS laissa au Capitaine WEISS l’ordre formel par écrit d’exécuter la manœuvre prévue.

Le 14 juillet au matin, dans une prairie le long de la Moselle, quand le 19ème , arrêtant juste devant la tribune son défilé commencé, prend sa formation. Les spectateurs ne comprennent d’abord pas. Mais, lorsque tous les Chasseurs du premier mot crient d’une seul voix « Vive », puis les suivants « La », enfin « France », c’est l’enthousiasme déchainé de tous les Alsaciens venue ici, de l’autre côté de la frontière.

Le 8 août 1918 se déclenchait la bataille de Montdidier, dont Ludendorf a écrit qu’elle avait sonné le glas de l’Armée Allemande.

Le 19ème B.C.P. débouchait de Gratibus, face à Etelfay, brisait le front ennemi et ne devait s’arrêter… qu’à Bruxelles.

10 octobres 1918

Gratibus – la grande offensive
Le Général commandant la 1ère armée cite à l’ordre de l’armée
Le 19ème Bataillon de Chasseurs à Pied.

CdG Ordre l'Armée

« Magnifique Bataillon, ayant au plus haut degré l’ardeur au combat et le sentiment du devoir. Sous le commandement du commandant DUCORNEZ, a fourni, du 8 août au 8 septembre 1918, un effort digne des plus grands éloges, en poursuivant inlassablement un ennemi en retraite sur de très fortes positions préparées d’avance et défendue par une artillerie puissante et de nombreuses mitrailleuses. A enlevé des positions avec le plus bel élan, les a conservées avec une endurance et une bravoure peu communes, malgré de violentes contre-attaques. Au cours de ces opérations a pris 180 prisonniers, 3 canons de 150, 1 canon de 105, 3 canons 77 et un important matériel de guerre ».

 

En 1936, les anciens du 19ème inauguraient à Gratibus, le monument érigé à Bussang, les deux blocs de granit « la pierre de Bussang » qui avait était transporté depuis les Vosges.

Montdidier connut en 1940 une seconde invasion. Le monument de Gratibus, situé au centre d’un camp d’aviation ennemi, devait être dynamité. Un ancien Chasseur du 8ème B.C.P., M. LAMATTE, alors maire de Montdidier, réussit à le camoufler.

C’est ce monument que les Chasseurs de Grivesnes, inauguraient pour la 2ème fois, le 26 juin 1949, au cours d’une cérémonie émouvante et coïncidant avec la remise de la 2ème Croix de guerre à Montdidier, cérémonie présidée par :

M. Max LEJEUNE, S.E. Guerre ;
le général SCHLESSER, Cdt le 5ème D-B ;
le président DELAHAYE
rehaussée de la présence d’un détachement du 19ème B.C.P. commandé par le Colonel MONTAGNON, et de la fanfare,
d’un détachement du 16ème B.C.P. commandé par le chef de Bataillon ARNOULD.

 

Au cours des années, s’y sont ajoutées la plaque 1914-1918, la plaque 1939-1945, puis celle du centenaire 1854-1954.

 

Monument 2016

Monument 2016 

Monument 2017

Monument 2017

 

En avant toujours… Repos ailleurs !