Les Vosges

(Août 1917-janvier 1918).

Nous voici dans les Vosges, dans un de ces secteurs que nous considérions un peu comme une terre promise de la guerre, un de ces coins où la lutte nous apparaissait moins âpre, les grandes hécatombes plus rares.

En fait, nous allons y passer des mois laborieux de grande activité, nous y aurons là aussi une vie pénible, des occupations multiples, mais point d’opérations importantes.

De Fontaine-lès-Luxeuil le 11 juillet, nous nous embarquons en chemin de fer à Aillivillers, pour débarquer le même jour à La Chapelle et cantonner à Biffontaine. Le 12, Coinches. Le 15, dans le secteur du Violu, nous allons occuper les P. A. : le Ravin, le Regnault, la Rotonde ; P. C. à La Cude. Le 2 septembre, nous occuperons aussi Les Bagenelles, nous étendant vers le col du Bonhomme.

Le Groupe franc est constitué, sous le commandement du lieutenant WARIN ; c’est l’époque des patrouilles, des embuscades, des raids audacieux dans les lignes ennemies.

Les 1er et 31 août, les 17, 18, 19 septembre, bombardements ou coups de main ennemis qui restent pour lui sans aucun résultat.

Le 21 septembre, nous quittons la montagne et descendons dans la vallée de la Faye, cantonnement à Remomeix.

Le 22, nous occupons le sous-secteur de la Fave, couvrant Saint-Dié.

A droite, c’est avec 2 compagnies et 1 C. M., Lesseux et Combrimont ; à gauche, c’est avec 3 compagnies et 1 C. M., La Chapelle-Sainte-Claire. Centre à Vanifosse.

C’est toujours la même vie : patrouilles, coups de main, embuscades.

Devant Lesseux, nous multiplions les pointes sur Lusse, Herbaupaire, ferme Marchal. C’est au cours d’une de ces actions, le 2 décembre, que tombe l’audacieux RIMBAULT, à la tête du Groupe franc (WARIN venait d’entrer à l’hôpital de Saint-Dié, où il mourut le 13).

Nous reprenons le sous-secteur du Violu, la montagne, le 14 décembre (Brial — La Cude), et nous revenons encore dans le sous-secteur de la Faye, à Vanifosse, le 6 janvier 1918.

Pendant toute cette période des Vosges, notre centre de repos est La Croix-aux-Mines.

Les 24 et 25 janvier, le 31e B. C. P. nous relève, nous cantonnons à Saint-Dié.

Par des étapes qui nous mènent : le 27 janvier à Brouvelieures, le 30 à Docelles, le 31 à Pouxeux, le 1er février à Moulin, le 2 à Val-d’Ajol, le 4 à Fontaine-lès-Luxeuil, le 6 à La Chapelle-lès-Luxeuil, le 7 à Villeminfroy, nous gagnons le camp de Vesoul et nous stationnons à Autrey-lès-Cerre (É.-M., 3e, 4e compagnies, C. M. 2) et Noroy-le-Bourg (1re, 2e, 5e compagnies et C. M. 1).

Nous connaîtrons là une période de réorganisation et d’instruction intensive.

Le Boche annonce partout son formidable effort, sa grande offensive de la paix ; il ne doute pas de la victoire et le dit assez ; nous nous préparons à le recevoir, il verra qu’il ne nous a pas intimidés. Cependant, le 14 mars le bataillon est embarqué à Vesoul ; débarqué le 15 à Bruyères, il va cantonner à Fremifontaine, et le 17 il est réparti dans la région de Saint-Dié pour y exécuter des travaux.

Et tout à coup le 21 mars, tandis que l’ennemi ouvre le feu de ses Berthas sur Paris et tente vis-à-vis de la France un coup barbare et grossier de bluff aussi sanguinaire qu’inutile, ses armées se ruent sur le front anglais, qui plie.

Le 24, le bataillon se rassemble à Biffontaine ; le 26, il s’embarque, en deux trains ; à La Chapelle :

1er train : É.-M., 1re, 2e, 3e compagnies ; 2e train : 4e, 5e compagnies, C. M. 1, C. M. 2.

Le voyage est très lent, de nombreuses gares ont été bombardées par avions, il s’ensuit quelque retard ;les voies sont encombrées, partout les trains se suivent ; ce n’est que le 28 à 4 heures du matin que le premier train arrive à Breteuil- embranchement, à 30 kilomètres d’Amiens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*