Période d’instruction

(janvier 1917-19 mars 1917) Secteur de Soupir (19 mars – 5 avril).

Nous débutons à la 166e D. I. par une période d’instruction sérieuse, en vue de la bataille du printemps. Cela se combine avec quelques déplacements qui finalement nous amèneront devant nos objectifs.

Le 15 janvier, nous faisons étape (marche pénible — neige et route verglacée) à Montigny-lès-Condé ; le 18, à Bonnes et Sommelans ; de là, le 27, la 1re compagnie est détachée pour une longue période de travaux à Mareuil-en-Doie.

Le 2 février, nous allons nous installer à Noroy-surOurcq et Troesnes, où s’achève la période ; l’hiver est des plus rigoureux.

Le 23 février, l’É.-M. et trois compagnies (E.-M., 2e, 3e, 4e compagnies) vont cantonner à Beugneux, pour gagner, le 24, Chéry-Chartreuve, où ces unités sont employées à des travaux (fascinages) ; la 5e compagnie quitte Noroy le 4 mars et nous rejoint le 5.

Chéry-Chartreuve est assez fréquemment, de nuit, visité par les avions boches, mais nous n’avons aucun accident.

Enfin, le 18 mars, tout le bataillon se retrouve rassemblé à Braisne et Brenelle. Le 19 mars, pendant la reconnaissance du secteur de Soupir, le lieutenant PARGNY, l’incomparable officier d’approvisionnement du 19e, tombe mortellement atteint, tandis que, suivant son habitude, il visite les secteurs de toutes les compagnies pour étudier les cheminements les plus convenables à leur ravitaillement.

Dans la soirée du 19, relevant le 54e R. I., nous entrons en secteur à Soupir. En première ligne sont les fameuses positions du Boqueteau et du Balcon, accrochées aux pentes qui descendent vers l’Aisne ; derrière, c’est le Village Nègre, non loin de la sortie du parc de Soupir ; puis le parc, et enfin l’Aisne, qui constitue dans notre dos un fossé bien dangereux, car l’ennemi nous domine de partout.

Avant notre arrivée, le secteur était des plus calmes ; nous y débutons au moment même où il commence à s’agiter ; les 22 et 23, nous sommes assez copieusement bombardés, puis le 24, après une très violente préparation de 18 à 20 heures, l’ennemi lance un coup de main sur le Boqueteau ; il est complètement rejeté, malheureusement non sans avoir pu enlever un petit poste. Le 28 au soir, l’É.-M., deux compagnies et une compagnie de mitrailleuses (É.-M., 1re, 3e et C. M. 2) rentrent à Dhuizel.

Le 5 avril, les unités de Dhuizel se rendent à Mont de Soissons et Serches ; celles restées en ligne sont relevées, et vont s’installer à Vasseny.

C’est maintenant la préparation intensive dans la fiévreuse attente du jour J.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*