Verdun

Le 16 juin, le 19e quitte Vésigneul-sur-Marne et, en camions-automobiles, il gagne Villotte-devant-Louppy : les trains suivent par étapes.

Du 16 au 22, c’est la période d’attente, marquée par le retentissement des péripéties angoissantes de l’effort suprême que l’ennemi vient de tenter contre Verdun, marquée aussi par une réunion à Vaubecourt des chefs de corps par le général PÉTAIN.

Enfin, le 22, l’ordre de départ : à midi nous sommes enlevés en camions et, par Chaumont-sur-Aire, par la grande route Bar-le-Duc — Verdun, la « Voie sacrée », nous atteignons Nixeville. De là, par Lempire, nous nous rendons à pied à Haudainville (sud-est de Verdun) où nous arrivons à la nuit. Nous sommes l’élément de tête de la 127e D. I. (général d’ANSELME), 254e brigade (colonel VIDALON).

Le 23 juin, l’ennemi vient d’enlever Fleury-devant-Douaumont, il progresse vers la croupe du bois de Vaux-Chapitre, et met ainsi en péril la 12e division (général GIRODON) accrochée face au nord dans les bois Fumin et bois Chenois, sa gauche au ravin des Fontaines (chemin de la côte Saint-Michel à Vaux-lès-Damloup) et qui résiste avec peine à une violente pression de l’ennemi sur tout son front.

Vers 12 heures, le bataillon est alerté et mis à la disposition du général GIRODON. Il s’ébranle à 13 heures et, par les casernes sud de Verdun, le sud de la route d’Étain et le Cabaret rouge, se rend dans le ravin sud du tunnel de Tavannes (environ 1 kilomètre nord-est du Cabaret rouge, ravin boisé au nord du terrain de manœuvre de l’Escargot).

Le mouvement s’exécute par sections échelonnées, il est singulièrement lent et pénible. Non seulement il faut compter avec l’observation aérienne de l’ennemi et avec le tir de son artillerie, mais il fait une chaleur torride, qui accable les hommes et cause un certain nombre d’accidents. A son arrivée au Cabaret rouge le commandant DUCORNEZ, qui marche en tête, est appelé auprès du général GIRODON au P. C. du ravin nord de la caserne Chevert ; il laisse le soin de reformer le bataillon au capitaine adjudant-major LUCQUET.

Le général GIRODON vient de recevoir du colonel GIRARDON, qui commande le 67e R. I. au bois Fumin, des nouvelles inquiétantes. La progression de l’ennemi dans le bois de Vaux-Chapitre, quoique lente, continue sans arrêt ; le 67e se voit de plus en plus menacé d’être tourné, et dès maintenant il est pris à revers par les feux des groupes ennemis déjà établis sur la croupe dominante de Vaux-Chapitre.

Le général GIRODON donne l’ordre au commandant DUCORNEZ de se porter avec quatre compagnies et 1 C. M. dans le ravin des Fontaines, d’attaquer le bois de Vaux-Chapitre, d’en chasser l’ennemi et de s’y établir pour couvrir la gauche de la 12e D. I.

L’attaque est fixée à 18 heures, mais avant de partir le bataillon doit encore recevoir des bidons et de l’eau, et des grenades. Le commandant DUCORNEZ retourne auprès du capitaine LUCQUET, lui donne les ordres et indications nécessaires, désigne les unités qui prendront part à l’attaque (1re compagnie : capitaine VILAREM ; 2e compagnie : capitaine CAPDEVILLE ; 3e compagnie : lieutenant GALTIER ; 4e compagnie : capitaine MELLIER; C. M. 1 : capitaine LECOANET), puis se rend au tunnel de Tavannes pour y recevoir les instructions du colonel PENET, commandant la brigade de la 12e D. I., et du colonel VIDALON, commandant la 254e brigade (127e D. I.) qui doit relever dans la nuit celle du colonel PENET.

De là, précédant le bataillon dont le mouvement commence à peine, le commandant DUCORNEZ se rend à la Batterie de l’Hôpital, d’où il étudie le terrain sur lequel il doit s’engager. Mais il n’y a qu’un seul point d’eau, la distribution des bidons et leur remplissage prennent du temps, les mouvements sont très difficiles et très pénibles sur les pentes raides et boisées qui vont de la voie ferrée à la Batterie de l’Hôpital, la chaleur reste torride, le seul boyau utilisable est en mauvais état et en maint endroit obstrué par les cadavres ; l’artillerie ennemie bat presque sans arrêt les principaux points de passage, si bien qu’à 18 heures les premiers éléments de la 1re compagnie arrivaient à peine à l’est de la Batterie de l’Hôpital.

Le commandant DUCORNEZ se rend compte qu’il ne pourra jamais remplir sa mission dans les conditions de temps prévues, et il craint qu’une opération tentée dans la nuit ne jette le trouble dans la relève projetée ; il téléphone vers 18 h.30 au colonel VIDALON pour lui rendre compte de la situation ; celui-ci confirme l’ordre.

Pendant ce temps, des territoriaux ont apporté à la Batterie de l’Hôpital 65 grenades, et la 2e compagnie est presque arrivée. Décidé dès lors à brusquer le mouvement, le commandant DUCORNEZ fait distribuer les 65 grenades aux 1re et 2e compagnies, laisse des ordres pour les 3e, 4e et C. M. 1, et, vers 19 heures, débouchant entre la Batterie de l’Hôpital et le fort de Souville, il se jette à la tête de ses deux premières compagnies, sur le glacis dénudé qui s’étend vers le nord jusqu’au bois Fumin. Ce mouvement est aussitôt accueilli par un violent barrage de tous calibres, et bientôt tout le terrain qui s’étend jusqu’aux bois est pris sous un feu extrêmement violent qui durera jusqu’à la nuit.

Le capitaine LUCQUET est blessé par un obus qui met hors de combat presque tout le groupe de combat du commandant ; le capitaine CAPDEVILLE est blessé grièvement parmi les autres officiers et dans les rangs des chasseurs déjà les pertes sont sensibles.

La fumée ne permet plus de rien voir, on n’aperçoit plus les bois, on ne s’aperçoit plus d’un groupe à l’autre, les deux compagnies sont complètement disloquées. Il n’y a plus ni liaison ni commandement possible ; il n’y a plus de guides, personne ne connaît le terrain, le boyau qui devait servir de ligne de direction est méconnaissable, seul le commandant possède un plan qu’il ne peut lire, de même qu’il ne peut profiter de ce qu’il a vu de la Batterie de l’Hôpital au cours de sa reconnaissance.

Le temps reste orageux, la chaleur est accablante, la soif est atroce.

Perdus et désorientés, les groupes errent dans tous les sens sur ce terrain, se croisant, revenant sur leurs pas, se déplaçant cependant dans la direction générale de l’ennemi, vers le nord. A la nuit tombante, le commandant trouve enfin le colonel GIRARDON dans son P. C. du bois Fumin. Peu après y arrive aussi le capitaine VILAREM, avec la 1re compagnie, qu’il a pu regrouper à la faveur du ralentissement du tir de l’artillerie. La 2e compagnie, qui a perdu son chef, n’est pas encore là, mais on a des nouvelles de quelques groupes.

Le commandant, accompagné d’un guide, part pour le P. C. du colonel voisin (ravin des Fontaines, carrière sud du bois de Vaux-Chapitre, division TOULORGE), et prend ses dispositions pour se faire immédiatement suivre des 1re et 2e compagnies, auxquelles il assure des guides. Le guide du commandant se trompe, tourne vers le nord au lieu de tourner vers le sud, et le conduit à l’étang de Vaux. Le commandant se rend compte à temps de la méprise, et parvient à rentrer sans accident, avec les quelques chasseurs qui l’accompagnent, dans les lignes françaises. Le chemin du ravin des Fontaines est jalonné de cadavres qui, phénomène singulier, sont, ce soir-là, phosphorescents ; les yeux, la bouche et le nez apparaissent lumineux ; c’est leur alignement qui, dans la nuit, assure notre direction.

Vers 22 heures, le commandant est au P. C. de la carrière du ravin des Fontaines. La 1re compagnie, puis la 2e compagnie l’y suivent de très près ; elles sont formées en dehors et un peu à l’ouest, face à la croupe de VauxChapitre, la 1re compagnie à droite (au nord), la 2e compagnie à gauche (au sud).

Il ne pouvait être question de passer de suite à l’attaque ; du reste l’ennemi avait arrêté sa progression avec la chute du jour ; le commandant, qui n’a plus de liaison avec l’arrière, décide de donner l’assaut aux premières heures du jour.

On est sans nouvelles aucunes des 3e, 4e compagnies et C. M. 1 depuis 19 heures ; il n’y a point d’autres moyens de communication que par agents de liaison à pied ; encore ces agents doivent-ils passer toujours par le bois Fumin, et éviter le terrain qui s’étend entre le fort de Souville et les bois ; ils partent.

Fort heureusement, ces compagnies, séparées des deux compagnies de tête, ne sont pas restées inactives ; déjà aiguillées par les ordres reçus dans l’après-midi et la soirée du 23, bientôt groupées sous le commandement du capitaine MELLIER, elles ont elles-mêmes lancé leurs agents de

liaison, et, retrouvant la trace du commandant, se sont portées en avant. Elles arrivent dans la nuit au ravin des Fontaines, elles ont achevé leur mise en place le 24 à 2 heures du matin.

Chose admirable, malgré la rupture de tous les liens, malgré l’absence de toute liaison, malgré l’impossibilité de toute surveillance individuelle, malgré le feu de l’ennemi, malgré les pertes et bien que l’action du commandement ne pût s’exercer, le souci de la liaison, le sens de la marche à l’ennemi, le sentiment de la mission, l’esprit de devoir et de sacrifice, l’ardeur au combat, chez tous, officiers, gradés et chasseurs, étaient tels que le commandant, à 2 heures du matin, disposait de ses 4 compagnies et de sa C. M. au complet ; ne manquaient que les morts et les blessés.

Les dispositions suivantes furent prises pour la préparation et l’organisation de l’attaque.

La 3e compagnie (lieutenant GALTIER) fut placée à la gauche de la 2e, se redressant légèrement en crochet offensif face au nord ; il y avait un certain vide entre la 2e et la 3e compagnie.

Ces trois compagnies, formant la vague d’assaut, avaient 3 sections en ligne, une en soutien.

La 4e compagnie mit un peloton en soutien de la gauche de la ligne, l’autre auprès du commandant et à sa disposition.

La C. M. 1 mit 1 S. M. avec la première vague, 1 S. M. en soutien en arrière de la droite, 2 S. M. en soutien en arrière de la gauche.

Il survint, pendant la nuit, une pluie d’orage ; les chasseurs en profitèrent pour se désaltérer, utilisant les toiles de tentes étendues, les campements, les trous pour recueillir l’eau. Il fut dit à cette époque que des hommes avaient bu leur urine ; le fait n’a pas été prouvé au 19e.

L’intention du commandant était de profiter des dernières heures de la nuit pour amener sa ligne aussi près que possible de la ligne allemande en la modelant sur elle, et en évitant de lui donner l’éveil, puis, le jour venu, de la lancer à l’assaut brusquement sans préparation ; l’absence de toute défense accessoire justifiait cette tactique.

Pour obtenir la mise en place de la ligne, les trois compagnies portèrent des patrouilles en avant ; le contact était déjà étroit, et si la marche des patrouilles, le mouvement des compagnies, restaient délicats, ce mouvement fut assez rapidement réalisé. Nous l’avons dit, à 2 heures du matin, le bataillon était prêt pour l’attaque.

Restait à déterminer l’heure de l’attaque ; il ne fallait pas partir trop tôt : la nuit aurait empêché toute coordination des mouvements sur le front de 700 à 800 mètres, le long duquel étaient déployées les compagnies ;d’autre part, si l’on permettait à l’ennemi de se rendre compte, le jour venu, de la modification apportée dans notre ligne et des dispositions prises, toute surprise était impossible, la tentative était vouée à un échec presque certain.

Le commandant prescrivit donc d’éviter tout bruit et tout mouvement intempestif, puis, dès que levjour serait près de paraître, de se tenir attentifs. Le moment venu, à un signal donné, toute la ligne d’assaut, bondissant d’un seul élan, se jetterait en avant ; les soutiens suivraient par bonds échelonnés ; l’objectif était la croupe du bois de Vaux-Chapitre, avec arrêt sur les pentes nord, dès qu’on aurait des vues dans les fonds des ravins ; cela donnait à la zone à conquérir, en certains points, une profondeur d’environ 400 mètres.

Le signal devait être donné par le capitaine VILAREM, commandant la 1re compagnie à droite. Il devait, à l’instant favorable, enlever sa compagnie ; les deux autres compagnies devaient avoir les yeux tournés de son côté et se jeter en avant, elles aussi, dès qu’elles le verraient debout. Ainsi fut-il fait. Vers 3 h.30, la 1re compagnie partait, surprenant complètement l’ennemi, qui fut culbuté, et atteignant son objectif sans trop de difficultés. Les deux autres compagnies partaient, comme il était convenu ; mais, si rapide qu’eût été le mouvement, si minime qu’eût été le temps nécessaire à sa propagation, il avait suffi à donner l’éveil à l’ennemi ; la 2e compagnie eut à lutter très sérieusement, la 3e compagnie davantage encore. Néanmoins l’élan de l’assaut fut tel qu’avant 4 heures, tout l’objectif était atteint, nous étions complètement maîtres de la croupe de Vaux-Chapitre, la droite de la 12e division (relevée par la 127e) était dégagée. Outre les morts et les blessés restés sur le terrain, l’ennemi laissait entre nos mains des prisonniers et des mitrailleuses. L’ennemi ne pouvait ainsi accepter son insuccès ; dès qu’il s’en est rendu compte, il commence par soumettre nos nouvelles positions à un tir nourri d’artillerie de tous calibres. Malheureusement, notre propre artillerie ignore notre avance, et elle continue de tenir sous le feu toute la position de Vaux-Chapitre : il en sera ainsi tout le jour ; le 19e B. C. P. de la 127e D. I. a été engagé pour la 12e D. I. sur le terrain d’une 3e D. I., il ignore quelle est l’artillerie qui dirige ses coups sur Vaux-Chapitre ; les liaisons sont presque complètement impossibles de jour, et, malgré tous ses efforts, le commandant verra s’écouler toute la journée, sans qu’il ait pu arrêter le feu français. Pour qui a été engagé dans un combat, l’attitude de cette troupe, maintenant sa position toute une journée sous le feu à la fois de l’artillerie ennemie et de l’artillerie amie, subissant des pertes égales par l’un et par l’autre, restera un sujet d’étonnement et d’admiration. Peut-être le fait est-il unique ? A un certain moment, le tir français à droite redouble, la situation devient intenable, et cependant on ne peut reculer. Le capitaine VILAREM (blessé pendant la nuit suivante), profitant de ce que devant lui la ligne ennemie est moins dense, de sa propre initiative fait un nouveau bond en avant, refoule les éléments qui lui sont opposés, et sort de la zone battue par une nouvelle progression de 200 mètres.

Cependant l’infanterie ennemie ne restait pas inactive. Très mordante, surtout vers la gauche où elle partait du ravin nord de Fleury-devant-Douaumont, elle recommence sans se lasser de nombreuses et audacieuses tentatives d’infiltration ; les combats sont continuels, mais cette gauche est solidement étayée par deux S. M. de la C. M. 1 et par un peloton de la 4e compagnie, qui déploient la plus grande activité. Nous conservons intégralement tout le terrain, et les tentatives de l’ennemi n’aboutissent qu’à la capture par nous d’une nouvelle mitrailleuse et de quelques nouveaux prisonniers.

Enfin, vers 19 heures, après une nouvelle et courte préparation d’artillerie, l’ennemi tente un suprême effort sur tout le front ; il est repoussé. La nuit est venue, le 19e reste maître de la position.

Un peu plus tard, il est relevé par des unités de la division à sa gauche, mais celles-ci ne veulent pas s’établir dans la zone battue par le canon français, ce qui fait que leur nouvelle ligne se trouve assez sensiblement en arrière de la nôtre.

La relève est lente et pénible, elle n’est pas achevée à la fin de la nuit, et c’est en plein jour que le commandant et la C. M. 1 se retirent par la chapelle Sainte-Fine sur la caserne Marceau et sous le feu des mitrailleuses ennemies établies vers Fleury-devant-Douaumont.

Le bataillon se reforme le 25 au matin dans le ravin boisé, au nord du terrain de manœuvre de l’Escargot.

Les unités engagées (É.-M., 1re, 2e, 3e, 4e compagnies et C. M. 1) avaient perdu dans cette affaire 17 officiers et 300 gradés ou chasseurs, tant tués que blessés. A signaler le cas de la 2e compagnie : cette unité, dans la matinée du 24, avait déjà perdu ses 4 officiers ; le commandant désigne pour en prendre le commandement le lieutenant CHRISTOPHE, qui, arrivé depuis peu de jours au bataillon, se trouvait près de lui, n’ayant pas encore d’affectation, mais en partant, le lieutenant CHRISTOPHE est tué à son tour par un obus, et la compagnie reste commandée jusqu’à la fin par le jeune aspirant KOLB.

Les 5e, 6e et C. M. 2, maintenues dans la ligne intermédiaire, entre la Batterie de l’Hôpital et le tunnel de Tavannes, n’avaient pas eu à combattre, elles avaient subi quelques pertes, du fait de l’artillerie.

Un tel fait d’armes méritait une consécration officielle, tant par le brillant succès qui l’avait couronné que par l’esprit de sacrifice, l’héroïque énergie, les splendides vertus guerrières dont les chasseurs du 19e avaient donné l’exemple. Il fut récompensé par la citation à l’ordre de l’armée dont voici le texte :

Ordre n ° 187 du 6e C. A. du 14 août 1916, puis ordre n° 11720 « D » du 19 novembre 1918.

Le maréchal de France commandant en chef cite à l’ordre de l’armée :

Le 19 bataillon de chasseurs à pied.

« Chargé, le 23 juin 1916, sous les ordres du commandant DUCORNEZ, de reconquérir le terrain qui venait d’être perdu par une unité voisine, a traversé de jour une zone soumise à un bombardement intense, a progressé de nuit par une lutte acharnée, sur un terrain qui lui était inconnu ; a, malgré de grosses pertes, rempli sa mission jusqu’au bout, faisant des prisonniers et capturant des mitrailleuses. Les jours suivants, a mis autant de ténacité à conserver le terrain, qu ‘il avait mis d’ardeur à le conquérir. »

Le Maréchal de France, Commandant en chef, PÉTAIN.

Les compagnies du groupe de Vaux-Chapitre passent encore au bivouac au ravin de Bellevue la journée du lendemain 26, et, dans la soirée du 26, elles se portent sur la ligne intermédiaire (Ligne de la Laufée, Boyau d’Altkirch), où se trouvaient déjà les autres unités : 5e, 6e compagnies et C. M. 2.

Le bataillon y fera encore quelques mouvements peu importants, mais ce ne sera plus dans l’ensemble que de l’occupation de secteur pénible, avec de mauvaises tranchées dans un terrain bouleversé par les explosions, empoisonné par les cadavres, avec des communications très difficiles, sans abris, et sous de très fréquents bombardements. Les pertes y seront régulières, mais assez légères. Pendant tout ce temps, une compagnie du 19e tient le fort de Tavannes.

Enfin, dans la nuit du 2 au 3 juillet, le bataillon, relevé, se rend à Belrupt ; il y reste trois jours en réserve et, le 6 juillet, s’embarque en camions pour gagner Nant-le-Grand.

Il y stationnera jusqu’au 17, y recevra ses renforts, s’y reposera et s’y reconstituera, y célébrera la Fête nationale et y fera de l’instruction.

C’est à partir de cette époque que nos 6es compagnies furent détachées (avec les 4es compagnies des bataillons d’infanterie) pour constituer les dépôts divisionnaires dénommés plus tard C. I. D. (ou centres d’instruction divisionnaires).

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